Ethique ou inclusive, faut-il vraiment choisir ?


Bonne question ! 

L’éthique par ci, l'éthique par là… mais ça veut dire quoi au fond ? 

C’est bien simple, chacun a sa propre définition. Ce qu’elle représente dépend de chacun de nous, de nos convictions, de notre notion du respect. Mais respect de qui, de quoi ? Autant de définitions que de personnes différentes on vous a dit ! 

Alors chez Isaia aussi, nous avons notre propre vision de l’éthique, et elle est au centre de nos préoccupations quotidiennes, croyez-nous !

 

« Êtes-vous une marque éthique ? »

On nous a posé tellement de fois cette question. Si vous saviez la tête des gens quand on leur demande ce qu’ils veulent précisément savoir en la posant, c’est drôle. 

Pour la plupart, être une marque éthique c’est plutôt une question de respect de l’environnement, et ça passe souvent par une production locale. Pour certains on parle de respect des tissus et des conditions de fabrication, pour d’autres des personnes, et tout cela s’inscrit dans une volonté générale d’avoir un impact positif, en gros. 

Sur ce point, on met toute notre énergie à ce que tous nos actes aient du sens, et faire au mieux pour tendre vers un système de slow fashion : 

 

- Des ventes sur précommandes pour optimiser la production, éviter le surplus, et répondre précisément aux besoins des clientes

- Une production française dans le respect des matières et des personnes 

- Des fournitures venant de France ou d’Italie 

- Un système de modélisme 3D permettant d’éviter beaucoup de tests sur tissu 

- Un approvisionnement soit dans des destocks pour éviter que de magnifiques tissus soient jetés à la poubelle, soit en précommandant le tissu auprès des fournisseurs. Nos ventes seront donc en quantités limitées. 

- En cas de surplus de tissu, nos collections « Echappées belles » serviront à réaliser de nouvelles pièces uniquement avec les chutes restantes des collections précédentes ! 

 

Éthique oui, mais inclusive ! 

Pour nous être éthique c’est respecter l’environnement, les matières, les conditions de fabrication, mais aussi les clientes (désolée messieurs, un jour peut-être !).

Et c’est ce dernier point qu’on a voulu exploiter dans notre business model, plus que les autres. 

Sarah a reçu une réflexion … « intrigante » quand elle a visité un bureau d’études aux débuts d’Isaia. Après avoir expliqué le concept de prêt-à-porter morphologique, le gentil monsieur lui a répondu : « vous ne voulez pas juste faire une marque éco-responsable et made in France ? c’est déjà pas mal ! »

Mmmmmhhh… ce n‘est clairement pas le sujet ! Pour nous, le respect des personnes et des matières, c’est la base. Donc pourquoi se contenter de ça et n’avoir aucune valeur ajoutée ? Surtout que des problèmes dans le prêt-à-porter c’est pas ce qui manque ! 

En l’occurrence, le problème qu’on veut soulever nous, c’est le fait que trop de femmes se sentent exclues de la mode car soit elles n’ont pas la bonne morphologie, soit elles ne rentrent pas dans les standards entre le 36 et le 42. 

Et le pire, c’est que les marques qui se veulent éco-responsables proposent très souvent exactement les mêmes tailles ! 

Alors, respectueux des tissus, de l’environnement, privilégier une mode durable c’est déjà très bien, mais pour nous ce n’est pas suffisant si cette mode n’est pas pour nous toutes. Les marques considérées comme éthiques excluent beaucoup trop de femmes. Il y a donc un sérieux problème si même la solution à la fast fashion reproduit les mêmes erreurs et sur les mêmes femmes ! Quitte à faire les choses bien, autant les faire jusqu’au bout non ? 

 

Pourquoi est-ce si difficile d’être une marque inclusive ?

Notre solution pour habiller un maximum de femmes : se baser sur différentes morphologies et proposer davantage de tailles : du 32 au 54. 

On doit avouer que c’est un pari ambitieux, car on est sur tous les fronts, et il y a bien quelques explications au fait que beaucoup de marques rechignent à proposer un large choix de tailles. 

D’abord, la complexité de réaliser un vêtement grande taille est une affaire de patronage : il est particulier à partir du 44-46 et peu de modélistes savent le maîtriser. 

Et si on ajoute aux patronages grandes tailles, la déclinaison en plusieurs morphologies… les survivants sont rares. 

On pourrait aussi vous parler des coûts supplémentaires qui vont avec, mais évitons les sujets qui fâchent. 

Pour ce qui est des tailles en dessous du 36, les malheureuses se voient souvent exclues tout simplement car qui dit “fast fashion” dit “stock”, et les minorités bien qu’elles existent, ne permettraient pas à ces marques de l’écouler, ce stock. Toujours les standards … 


Se mettre à la place des clientes 

Etre une marque éthique c’est aussi se mettre à votre place, parce qu’on y est, à votre place ! 

Par exemple, se demander « est ce que j’achèterais à ce prix ? ».

Cette question on se l’est beaucoup posée pour définir nos prix de vente. 

On doit avouer qu’il a fallu trouver des solutions pour proposer une telle offre à des prix abordables. En réalité, le prêt-à-porter morphologique se révèle beaucoup plus complexe que le prêt-à-porter classique. Qui dit 3 morphologies dit 3 fois plus de travail en termes de modélisme, d’essais, de temps, et bien sûr de coûts, que pour le prêt-à-porter classique. 

Mais nous nous sommes promis de ne pas dépasser un certain prix, et au-delà, c’est tout simplement notre marge qui baisse. 

On l’a accepté, et on en est fières, car cela vous permet de savoir ce pourquoi vous payez.

 

Toute la vérité, rien que la vérité, dites je le jure !

Enfin, nous pensons qu’avant de se revendiquer éthique, il faut oser la transparence. Chez Isaia, on vous dit tout : le bon et le moins bon. On ne vous cachera rien sur notre façon de penser, de travailler, nos objectifs. C’est ce qui fait notre force, toujours faire au mieux et toujours assumer ! 

Alors voilà, on tente de s’approcher d’une démarche zéro gâchis et tout est pensé pour que vous bénéficiez de la meilleure qualité, du meilleur service. Vous êtes notre priorité, et ça ne changera pas. Etre éthique et inclusive, c’est possible ! 


Lily

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